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Présentation de l'éditeur : Installé à Rome avec sa fille Leah, Jack McCall s’est juré de ne plus revenir à Waterford, sa ville de Caroline-du-Sud, que le suicide de sa femme Shylla et le procès intenté contre lui par sa belle-famille l’ont poussé à quitter. Un télégramme lui annonçant l’agonie de sa mère va cependant le faire changer d’avis. Dès l’arrivée, face à son père, le juge alcoolique, face aux parents de Shylla, hantés par les souvenirs de la Seconde Guerre, face à son frère John, le déséquilibré mental, à son vieux copain Mike, qui veut lui faire écrire un scénario pour Hollywood sur leurs années soixante, les souvenirs affluent… Des souvenirs où les drames de chacun renvoient aux commotions de l’Histoire, de l’Holocauste à la guerre du Viêtnam, à tout un passé chaotique vis-à-vis duquel Jack devra trouver le chemin de la réconciliation. Les forêts et les marécages de Caroline-du-Sud, les plages et les parties de pêche de l’enfance entourent d’une poésie sauvage cette saga aux mille ramifications, où le drame, l’émotion, le rire s’entremêlent à chaque page.
Je venais d'avoir trente-sept ans mais la silhouette un peu molle qui me fixait dans la lumière et le verre, au-dessus de la piazza, se sentait depuis trop longtemps inanimée et périphérique au cours des événements. Les personnages que je voyais en dessous me semblaient mus par un but tandis qu'ils traversaient la piazza avant de disparaître dans une des sept rues menant au coeur de la Rome de la Renaissance. Ils marchaient d'un pas décidé, forts de leur résolution, alors que tout ce que je faisais semblait superficiel et contraint. J'avais envie d'engagement, d'intrusion, que ma vie ressemblât un peu plus à mardi gras qu'à carême.
Attention aux traductions hâtives: Beach Music n'est pas une chansonnette de plagistes, mais un opéra! Pour qui cède à un début d'enthousiasme, Pat Conroy prend des allures de Tolstoï sudiste doté de l'humour de J.D. Salinger et du bagout de John Irving. Eh oui! le succès inattendu du Prince des marées en 1988 est confirmé par cette tonitruante saga familiale. [...] Conroy maintient un rythme tel qu'il n'est pas facile de reprendre son souffle. Tant mieux, car si l'on avait le temps de réfléchir, le fond de mièvrerie apparaîtrait derrière les situations cocasses et les dialogues scatologiques. On pourrait même soupçonner ce roman rabelaisien d'être en fait l'expression la plus aboutie du politically correct. Mais comme les romanciers capables d'amuser la galerie pendant 700 pages ne courent pas les rues, on replonge avec délice dans les eaux chaudes de Caroline du Sud. Didier Sénécal - Lire, novembre 1996 Ses dialogues sont percutants, son sens dramatique à toute éreuve, ses descriptions et ses travellings somptueux. Au son de sa "beach music", on marche, on court, on vole ! Frédéric Vitoux - Le Nouvel Observateur Tant d'auteurs nous lassent par excès de rétention. Lui fonce sur sept cents pages, taureau dans l'arène de la vie, de l'amour, de la mort, ces vieilles nouveautés dont est fait le roman que nous, nous dévorons. Danièle Brison, Le Magazine littéraire. Petite
remarque perso : Pat Conroy chante le Sud, ce Sud de l'Amérique qui s'imprime si fort au coeur des êtres qui en sont issus. Un Sud profond, rigide, conventionnel, mais d'une beauté fulgurante aussi. L'auteur explore bien sûr l'être humain, toujours en quête d'une enfance perdue ou bafouée ou d'un silence qui s'étend à l'infini jusqu'à étouffer complètement l'adulte qui la porte en lui comme un trop lourd secret... Famille je vous haie et famille je vous aime... Regrets, nostalgie, difficulté à vivre le présent sans retourner aux sources... Le schéma est sans doute relativement "classique"... Mais l'écriture emporte... |