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alphabétique Bibliothèque virtuelle |
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Auteur Bernhard Schlink Michael a
15 ans lorsqu'il tombe amoureux d'Hanna, une poinçonneuse de tramway.
Après une liaison de quelques mois, durant lesquels le jeune homme
passe de longues heures à lire des histoires à sa maîtresse,
Hanna disparaît sans laisser de trace. Le jeune homme, devenu avocat,
la retrouve sept ans plus tard, au tribunal où elle est accusée
d'avoir envoyé à la mort des dizaines de femmes dans les
camps nazis. L'ambiguïté du comportement d'Hanna reflète
également l'attitude ambivalente qu'adoptèrent nombreux
de ses compatriotes durant la guerre. Mais il dévoile aussi le
secret qui a hanté la vie de cette femme. L'écrivain allemand
Bernhard Schlink, qui est avant tout un auteur de romans policiers, met
ici son art du suspense au service de l'Histoire. Le passé où je me retrouvai en tant qu’historien du droit n’était pas moins vivant que le présent. Et contrairement à ce que pourrait penser le profane, l’historien ne se contente pas d’observer seulement cette vie passée tout en prenant part à la vie présente. Faire de l’histoire consiste à lancer des passerelles entre le passé et le présent, à observer les deux rives et à être actif de part et d’autre. L’un de mes domaines de recherche se trouva bientôt être le droit sous le Troisième Reich, et là il est particulièrement manifeste que passé et présent confluent en une seule et même réalité vivante. En la matière, la fuite ne consiste pas à s’occuper du passé, mais à se concentrer résolument sur le présent et l’avenir en étant aveugle à l’héritage dont nous sommes marqués et avec lequel nous devons vivre. Cela dit, je ne dissimulerai pas la satisfaction éprouvée à se plonger dans des passés dont la signification pour le présent est moindre. La première fois que je l’ai ressentie, ce fut en travaillant sur des législations et des projets législatifs de l’époque des Lumières. Ces textes étaient sous-tendus par la conviction que le monde est bâti sur un ordre bon, et que par conséquent l’on peut aussi mettre le monde en bon ordre. Je prenais le plus grand plaisir à voir comment cette conviction produisait des articles qui étaient autant de gardiens du bon ordre et comment ils s’articulaient en lois qui voulaient être belles et établir par leur beauté la preuve de leur vérité. J’ai longtemps cru qu’il existait un progrès dans l’histoire du droit, une évolution en dépit des petits reculs et de terribles régressions, vers plus de beauté et de vérité, plus de rationalité et d’humanité. Depuis que cette croyance s’est révélée chimérique, j’aime à me représenter autrement le cours de l’histoire du droit : l’image avec laquelle je joue est celle d’un cours qui est certes orienté vers un but, mais le but où il parvient, après toutes sortes de convulsions, de confusions et d’aberrations, n’est autre que son point de départ, d’où il lui faudra repartir à peine arrivé. Je relisais à l’époque l’Odyssée, que j’avais lue au lycée et dont je me souvenais comme de l’histoire d’un retour au pays. Mais ce n’est pas l’histoire d’un retour au pays. Comment voudrait-on d’ailleurs que les Grecs, qui savaient qu’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, aient cru à un tel retour ? Ulysse ne revient pas pour rester, mais pour repartir. L’Odyssée est l’histoire d’un mouvement qui à la fois vise un but et n’en a pas, une histoire de succès vains. Tout comme l’histoire du droit.
Je lisais essentiellement à Hanna ce que j’avais moi-même envie de lire au moment. Pour l’Odyssée, j’eus du mal, au début, à me pénétrer autant du texte en lisant à haute voix qu’en lisant pour moi. Et puis c’est venu. Restait l’inconvénient que la lecture à haute voix durait plus longtemps. En revanche, ce que j’avais lu se gravait davantage dans ma mémoire. Aujourd’hui encore, je me rappelle beaucoup de choses très précisément. Mais j’enregistrais
aussi ce que je connaissais déjà et que j’aimais.
Hanna reçut ainsi beaucoup de Keller et de Fontane, de Heine et
de Mörike. Longtemps, je n’osai pas lire de poésie à
haute voix, ensuite j’y pris beaucoup de plaisir, et j’appris
par cœur quantité de poèmes que j’enregistrais.
Je suis encore capable de les réciter aujourd’hui. Au cours
de la quatrième année de ce contact à la fois bavard
et muet, je reçus un mot. « Garçon, la dernière
histoire était particulièrement bien. Merci. Hanna ». (...) Après ce premier mot, les suivants se succédèrent régulièrement. C’étaient toujours quelques lignes, un remerciement, un souhait d’écouter autre chose du même auteur, ou de ne plus en écouter, une remarque sur un écrivain, sur un poème, une histoire, un personnage de roman, ou bien une notation venue de la prison. « Dans la cour, les forsythias sont déjà en fleur », ou « j’aime bien qu’il y ait tous ces orages, cet été », ou bien « je vois par la fenêtre que les oiseaux se rassemblent pour partir vers le sud »... Souvent, sans ces notations d’Hanna, je n’aurais même pas remarqué les forsythias, les orages ou les vols d’oiseaux. Ses remarques littéraires étaient souvent étonnamment justes. « Schnitzler aboie, Stefan Zweig est un chien empaillé » ou « Keller a besoin d’une femme », ou « les poèmes de Goethe sont comme des petits tableaux dans de jolis cadres », ou « Lenz écrit sûrement à la machine ». Comme elle ne savait rien de ces auteurs, elle supposait que c’étaient des contemporains aussi longtemps que ce n’était pas manifestement exclu. J’étais stupéfait de voir la quantité d’œuvres anciennes qui peuvent effectivement se lire comme si elles étaient d’aujourd’hui. Et qui ne sait rien de l’histoire du monde peut tout à fait, à l’évocation de vies d’autrefois, y voir tout simplement l’évocation de la vie dans des pays lointains. Extrait de
Le Liseur
L'avis des internautes : Suzanne, 19 décembre 1997 C'est l'histoire
d'un jeune homme de 15 ans qui découvre l'amour avec une voisine
agée de 20 ans de plus que lui. C'est le début d'une relation
déterminante autant pour l'un que pour l'autre. Michael ne se remettra
jamais vraiment de son amour impossible. Anna reste un personnage mystérieux,
l'auteur la laisse aussi secrète pour le lecteur que pour le narrateur.
Ce faisant, nous nous questionnons sur les raisons de ses agissements
surtout à la fin qui, soit dit en passant, est imprévisible.
C'est une histoire d'amour tragique mais bien racontée. Cela parle
de l'amour qui perdure malgré le temps et même malgré
les gens. Cela parle aussi de la difficulté d'aimer et des moyens
qu'un coeur blessé prend pour se protéger d'avoir mal à
nouveau. Finalement, l'auteur nous démontre la valeur curative
de l'écriture Francine, 15 décembre 1997 Excellent court roman allemand qui raconte une histoire dramatique. A l'âge de quinze ans, le narrateur rencontre Hannah, une femme d'âge mûr, dont il sera l'amant pendant six mois. Puis un jour, Hannah disparaît mystérieusement. Il la retrouve sept ans plus tard alors qu'il assiste à un procès pour crime de guerre où elle est une des accusées. Le narrateur réalise qu'il connaît un fait qui pourrait aider Hannah à se disculper mais, après de longues réflexions, il choisit de se taire. Hannah passera dix-huit ans en prison pour ce crime et c'est pendant son incarcération que le narrateur renouera vraiment avec elle. L'histoire est captivante. De plus elle nous amène à nous questionner sur des notions importantes telles que: l'interprétation de la vérité, la culpabilité, la resposabilité de nos actes... Le narrateur présente aussi le point du vue de sa génération sur celle a été impliqué dans la 2e guerre mondiale et la montée du nazisme en Allemagne. Petite remarque perso : Loin de l'amour léger. Une ambiance pesante tout au long du roman. Et puis toujours ce questionnement sur la responsabilité, sur l'histoire. Et pourtant, une histoire d'amour...
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