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Dessin: Henri Michaux, par
Raymond Moretti Le
Magazine Littéraire |
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| Liste des auteurs | ||
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Les choses sont une façade, une croûte. Dieu seul est. Mais
dans les livres, il y a quelque chose de divin. Henri Michaux
Il débute sous le signe de la solitude et du refus: une adolescence difficile, une anorexie qui traduit l’angoisse que provoque en lui le monde qui l’entoure; un espoir cependant, qu’il existe quelque part un "secret" , d’où l’appel de l’ailleurs: matelot (1920), il découvre Lautréamont et commence à écrire. Il s’installe à Paris (1925) où il est accueilli par Supervielle, et entreprend un voyage en Equateur (1927). Ces premières errances laissent une double trace: un livre, Qui je fus (1927), et une autre "écriture", les trajets pictographiés de Narration et d’Alphabet, qui préfigurent les recherches graphiques des années 50. Ses nouvelles pérégrinations (Amérique du Sud, Chine, Inde), ne feront que confirmer la fidélité de ses "larves et fantômes" (Ecuador, 1929; Mes propriétés, 1929; Un certain Plume, 1930; Un Barbare en Asie, 1933; La nuit remue, 1935; Voyage en Grande Garabagne, 1936). Si ses voyages le conduisent à la découverte de moeurs et de paysages étrangers, Michaux dit aussi que la seule aventure est d’ordre intérieur. Ses oeuvres poétiques, souvent composées en une prose lapidaire, riches en inventions, évoquent le monde intérieur, la difficulté de vivre et leur projection fantastique en des mondes imaginaires parfois d’une effrayante et magique cruauté. Sa poésie se veut rythme pur jusqu’à n’être plus qu’épellations; un lexique parfois de toutes pièces inventé, avec pour but: "donner à voir la phrase intérieure, la phrase sans mots". Explorateur de l’inconscient et du rêve, il tente par l’usage des stupéfiants, une exploration, en quête de cette rupture avec le temps et l’espace. Dans ces expériences audacieuses de recours aux drogues hallucinogènes, Michaux ne cherche cependant pas l’évasion vers des "paradis artificiels" mais la connaissance "par le gouffre" de nouveaux états mentaux dont l’écriture doit se faire la traductrice transparente. Ayant commencé à peindre dès 1926, il substitue de plus en plus l’expression graphique au poème, les être humains apparaissant dans ses compositions fantasmagoriques sous l’aspect de figures filiformes (Meidosems, 1948; Mouvements, 1951). Sa grande lucidité rejoignant l’imagination la plus folle, Michaux a certainement recueilli le meilleur de l’héritage surréaliste. http://www.la-flute.ch/old/michaux/henri.htm L'oeuvre de Michaux présente tout entière une double vocation au mouvement et à l'exploration. On ne saurait donc mieux la présenter dans son ensemble qu'en réfléchissant aux divers parcours qu'elle accomplit. La quête d'identité et de savoir qui s'y poursuit emprunte les voies de la métamorphose. Le déplacement y constitue le mode privilégié de l'exploration de soi-même. La condition humaine dans son ensemble s'y trouve traduite en rythmes, territoires et itinéraires psychiques. On assiste donc, dans cette oeuvre, à une multiplication de mouvements, aussi bien physiques (par les voyages ou les mises à l'épreuve du corps) que mentaux (par le travail de l'imaginaire ou l'expérience de la rêverie et du dérèglement intérieur provoqué) ou encore formels (par l'invention verbale et la création picturale). «
Quand Henri Michaux accepta de livrer, en 1957, à la demande de
Robert Bréchon, «Quelques renseignements sur cinquante-neuf
années d'existence » et donc d'entrer tant soit peu dans
le jeu de l'écriture autobiographique, ce fut pour rédiger
par bribes une espèce de portrait réduit, en miettes, à
la troisième personne, où l'histoire de la trajectoire la
plus intime pourrait être aussi bien celle des «ratés»
ordinaires de quelqu'un d'autre. Michaux y place ses débuts sous
le double signe de la rature et du ratage. Les alinéas de ces «
quelques renseignements» dévident comme une litanie les mots
qui disent la distance, l'inadaptation et l'échec : En 1959,
Henri Michaux publie, en guise de préface au livre de René
Bréchon qui lui est consacré, son autobiographie abrégée
intitulée " Quelques renseignements sur cinquante-neuf années
d'existence" et relève deux événements doublement
significatifs, à savoir : Source : Le site de Jean-Louis Boutin
Les Rêves et la Jambe, Anvers, Édition Ça Ira, 1923 Fables des origines, Bruxelles, Disque Vert, 1923 Qui je fus, N.R.F., 1927 Ecuador, Paris, N.R.F., 1929 Un certain Plume, Paris, Édition du Carrefour, 1930 Un Barbare en Asie, Paris, Gallimard, 1933 La nuit remue, Paris, Gallimard, 1935 Voyage en Grande Garabagne, Paris, Gallimard, 1936 Entre centre et absence, Paris, Matarasso, 1936 (sept dessins et un frontispice) Sifflets dans le temple, Paris, G.L.M., 1936 La Ralentie, Paris, G.L.M., 1937 Plume, précédé de Lointain intérieur , Paris, Gallimard, 1938 Peintures, Paris, G.L.M., 1939 (seize illustrations) Au pays de la magie, Paris, Gallimard, 1941 Arbres des tropiques, Paris, Gallimard, 1942 (19 dessins) Je vous écris d'un pays lointain, Saint-Maurice d'Ételan, P. Bettencourt, 1942 Tu va être père, Saint-Maurice d'Ételan, P. Bettencourt, 1943 Exorcismes, Paris, R.-J. Godet, 1943 (douze dessins) Labyrinthes, Paris, R.-J. Godet, 1944 (treize dessins) Le Lobe des monstres, Lyon, L'Arbalète, 1944 (un dessin) L'Espace du dedans, Paris, Gallimard, 1944 Liberté d'action, Paris, Fontaine, 1945 Épreuves, Exorcismes, 1940-1944, Paris, Gallimard, 1945 Apparitions, Paris, Le Calligraphe, 1946 (sept dessins) Peintures et dessins, Paris, Édition du Point du jour, 1946 (quarante trois illustrations) Ici, Poddema, Lausanne, Mermod, 1946 Nous deux encore, Paris, J. Lambert, 1948 Meidosems, Paris, Édition. du Point du jour, 1948 ( douze lithographies) Poésie pour pouvoir, Paris, R. Drouin, 1949 (frontiscipe) La vie dans les plis, Paris, Gallimard, 1949 Arriver à se réveiller, Saint-Maurice d'Ételan, P. Bettencourt, 1950 Lecture de huit lithographies de Zao Wou-Ki, Paris, Euros et Godet, 1950 Tranche de savoir, Paris, Les pas perdus, 1950 Passages, Paris, Gallimard, 1950 Veille, Paris, G.A. Bolloré, 1951 Quelque part quelqu'un, s.l.n.d., 1951 Mouvements, Paris, Gallimard, 1951 ( soixante quatre dessins). Réédité en 1982 avec deux planches différentes Rencontre dans la forêt, s.l.n.d., 1952 Nouvelles de l' étranger, Paris, Mercure de France, 1952 Face aux verrous, Paris, Gallimard, 1954 Misérable miracle, Monaco, Édition du Rocher, 1956 Édition Le Point du Jour, 1972 Quatre cents hommes en croix, Saint-Maurice d'Ételan, P. Bettencourt, 1956 (un frontispice, deux dessins) L'Infini turbulent, Paris, Mercure de France, 1957 (une peinture et huit dessins) Paix dans les brisements, Paris, K. Flinker, 1959 (sept dessins) Vigies sur cible, Édition du Dragon, 1959 Connaissance par les gouffres, Paris, N.R.F., 1961 Vents et poussières, Paris, K. Flinker, 1962 (neuf dessins) En rêvant à partir de peintures énigmatiques, Paris, Mercure de France, nº 1214, Décembrer 1964 Parcours, Paris, Le Point Cardinal, 1965 (douze eaux-fortes) Les Grandes Épreuves de l'esprit, Paris, Gallimard, 1966 Vers la complétude, Paris, G.L.M., 1967 Lignes-lieux, moments traversée du temps-ombres pour l'éternité, "Promesse" Revue de culture et de poésie. Poitiers, 1967 (44 exemplaires, tirés à part, comportent un dessin) Façons d'endormi, façon d'éveillé, Paris, Gallimard, 1969 Poteaux d'angle, Paris, L'Herne, 1971 Émergences-résurgences, Genève, Skira, 1972 (cent quatre illustrations) Moments, traversée du temps, Paris, Gallimard, 1973 Bras cassé, Montpellier, Fata Morgana, 1973 Quand tombent les toits, Paris, G.L.M., 1973 Par la voie des rythmes, Montpellier, Fata Morgana, 1974 (quatre vingt deux dessins et douze lithographies) Moriturus, Montpellier, Fata Morgana, 1974 Idéogrammes en Chine, Montpellier, Fata Morgana, 1975 Coups d'arrêt, Pris, Le Collet de Buffle, 1975 Face à ce qui se dérobe, Paris, Gallimard, 1975 Choix de poèmes d'Henri Michaux, Paris, Gallimard, 1976 Les Ravagés, Montpellier, Fata Morgana, 1976 Jours de silence, Montpellier, Fata Morgana, 1978 Poteaux d'angle, Montpellier, Fata Morgana, 1978 Saisir, Montpellier, Fata Morgana, 1979 (soixante cinq dessins) Une voie pour l'insubordination, Montpellier, Fata Morgana, 1980 Poteaux d'angle, Paris, Gallimard, 1981 Affrontements, Montpellier, Fata Morgana, 1981 Comme un ensablement, Montpellier, Fata Morgana, 1981 (dix-neuf sérigraphies) Chemins cherchés, chemins perdus. Transgressions, Paris, Gallimard, 1981 Les Commencements. Dessins d'enfants. Essais d'enfants, Montpellier, Fata Morgana, 1983 Par surprise, Montpellier, Fata Morgana, 1983 Le Jardin exalté, Montpellier, Fata Morgana, 1983 Par des traits, Montpellier, Fata Morgana, 1984 (soixante cinq dessins) En Occident, le jardin d'une femme indienne, l'Ire des vents, nº11/12, 1984 Fille de la montagne, Le Pontet, Édition M.D., 1984 (avec quatre peintures tantriques du Rajasthan) Déplacements, dégagements, Paris, Gallimard, 1985 Affrontements, Paris, Gallimard,
1986 Source : Le site de Jean-Louis Boutin
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