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LE CRI DE LA MOUETTE
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alophabétique Bibliothèque virtuelle |
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Auteur :
Emmanuelle LABORIT "J'ai
poussé des cris, beaucoup de cris. Parce que je voulais m'entendre
et que les sons ne me revenaient pas. Et la mouette
criait au-dessus d'un océan de bruits qu'elle n'entendait pas,
avec la sensation d'être enfermée derrière une énorme
porte, qu'elle ne pouvait pas ouvrir pour se faire comprendre des autres."
A l'adolescence, pourtant, tout bascule. Aux désarrois de son âge s'ajoute la révolte de voir nier l'identité des sourds. Emmanuelle ne peut plus concilier l'univers des entendants et le sien. Elle se referme, dérive, se perd dans des expériences chaotiques. Mais, lucide et volontaire, elle réagit et choisit de se battre : elle réussit à passer son bac, lutte pour faire reconnaître les droits des trois millions de sourds français, puis s'impose magistralement au théâtre dans "Les Enfants du silence". Le cri de
la mouette est le témoignage d'une jeune fille qui, à ving-deux
ans, a déjà connu la solitude absolue, le doute et le désespoir,
mais aussi le bonheur, la solidarité et la gloire. J'ai décidé de ne plus rien faire en classe. J'en ai marre de leurs cours, marre de lire sur des lèvres, marre de m'escrimer à faire sortir des grincements de ma voix, marre de l'histoire, de la géo, même du français, marre des professeurs découragés qui n'en finissent pas de m'engueuler, marre de moi au milieu des autres. La réalité me dégoûte un peu. Alors je décide de ne plus la regarder en face. Je fais ma révolution. Passer ma vie à l'école, c'est ridicule. Les heures les plus importantes de ma vie se perdent en prison. J'ai l'impression qu'on ne m'aime pas, que je n'arrive pas à suivre. Et que tout ça ne sert à rien. L'avenir est quelque chose de mystérieux. Je ne sais pas ce que c'est. Je ne veux pas savoir. Je e dis : "On va mettre ça de côté, en attendant." Et en attendant, je rêve de voyages, de randonnées illimitées, de voir du pays, d'autres cultures, d'autres gens. Je rêve de vie. Je n'écoute pas. Même les erreurs, j'ai envie de les connaître. On a beau me dire : "Attention à ci, attention à ça… tu vas faire des erreurs." A treize ans, je suis contre le système, contre la manière dont les entendants gèrent notre société de sourds. J'ai le sentiment d'être manipulée, on veut effacer mon identité de sourde. Au lycée, c'est comme si on me disait : "Il faut que ta surdité ne se voie pas, il faut que tu entendes avec ton appareil, que tu parles comme une entendante. La langue des signes, ce n'est pas beau. C'est une langue inférieure…" C'est essentiellement contre cette stupidité que ma révolte gronde. Je l'ai entendue toute mon enfance ; je me suis tue, jusqu'au moment où cette sorte de colère a éclaté. A treize ans, j'explose. Je suis contre tout. Je veux mon monde à moi, ma langue à moi, et que personne ne s'en mêle. La surdité
est le seul "handicap" qui ne se voit pas. On voit les gens
en fauteuil roulant, on voit que quelqu'un est aveugle, ou mutilé,
mais on ne voit pas la surdité, alors les autres rêvent de
l'effacer, puisqu'elle n'est pas visible. Ils ne comprennent pas que les
sourds n'aient pas envie d'entendre. Ils nous veulent semblables à
eux, avec les mêmes désirs, donc les mêmes frustrations.
Ils veulent combler un manque que nous n'avons pas.
"Dans « Le cri de la mouette », Emmanuelle Laborit nous écrit un récit qui témoigne de sa lutte, en tant que sourde, pour entrer dans le monde des entendants. C’est en pensant aux difficultés qu’elle a vécues qu’elle a eu l’idée d’écrire un livre. Elle donne aussi aux trois millions de sourds l’espoir de sortir de leur désarroi dans un monde qui n’accepte pas la différence. .Pour moi,
Ce livre est très instructif car il nous apprend à mieux
réagir devant un sourd. L’auteur de ce livre nous montre
aussi que les sourds ne veulent pas tous devenir entendants. Cela, beaucoup
de médecins et de familles ne le comprennent pas. A travers ce
livre, on apprend que les sourds ont non seulement besoin des entendants
mais aussi de leurs semblables, car le monde des entendants semble trop
étriqué." |
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