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Haruki Murakami est né à Kobe en 1949. Son père enseigne la littérature japonaise. Après avoir étudié la tragédie grecque, il ouvre un club d jazz à Tokyo avant de se consacrer à l'écriture. Pour échapper au conformisme de la société japonaise, il rêve d'Amérique, raison pour laquelle il devient le traducteur de Fitzgerald et de Carver. Il rencontre le succès dès son premier roman paru au Japon en 1979, Écoute le chant du vent, pour lequel il reçoit le prix Gunzo. Après la publication de plusieurs ouvrages - La Course au mouton sauvage, La Fin des temps, La Ballade de l'impossible, Danse, danse, danse, ou encore L'éléphant s'évapore -, il s'expatrie, en Grèce et en Italie, puis aux États-Unis. Il enseigne la littérature japonaise à Princeton et entame l'écriture d'Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil. En 1995, après le séisme de Kobe et l'attentat de la secte Aum, il rentre au Japon et publie Après le tremblement de terre. Il a depuis publié deux romans : Les Amants du Spoutnik et Umibe no Kafka (Kafka au bord de la mer), paraître aux éditions Belfond en 2005.
J'étais principalement attiré par l'ailleurs et par les écrivains étrangers. Si je n'avais commencé à apprendre l'anglais à l'école - un hasard qui m'a conduit à découvrir et aimer Chandler, Vonnegut ou Capote - j'aurais sûrement montré la même passion pour la littérature et la culture françaises. Après tout, le premier roman que j'ai lu de ma vie, à 12 ou 13 ans, était Le Rouge et le noir, de Stendhal, et Truffaut m'a profondément marqué. Au départ, je faisais des études de cinéma, pour devenir scénariste, mais j'ai vite découvert que... je n'avais rien à écrire. Rien. J'étais un gamin sans histoire issu de la tranquille classe moyenne japonaise. Certes, en 1968, comme ailleurs dans le monde, nous avons, par idéalisme, occupé l'université et combattu la police; mais la société était trop forte et tout est vite rentré dans l'ordre. Alors j'ai tout lâché. Après la fac, j'ai tenu pendant près de huit ans un café boîte de jazz en me gardant d'écrire autre chose que des menus. Je pensais n'avoir aucun talent d'écrivain; toutefois, le défilé des clients, ces centaines de rencontres me nourrissaient à mon insu d'une expérience humaine. Et un beau jour, à 29 ans, j'ai eu la révélation, pendant un match de base-ball. Un après-midi de printemps, sur les gradins, une bière à la main. Un moment de bonheur, de plénitude. Si j'avais à choisir un jour dans ma vie, je choisirais celui- là. J'ai pris la plume ce jour-là, et je suis devenu un écrivain «naturel». Un conteur d'histoires. On lit mes livres en Chine, en Corée ou en France: une bonne histoire est une lingua franca qui dépasse les cultures, qui ouvre un passage en vous-même, quitte à vous mener dans des lieux obscurs et douloureux. J'aime donner au lecteur à tout moment les clefs de mes sentiments; ce n'est pas par snobisme que je leur parle d'une sonate de Schubert, mais parce qu'elle me procure une émotion profonde." Source : Interview dans l'Express Livres
Oeuvres traduites en français : La
Course au mouton sauvage Ecoute la Voix du Vent (1989, prix Gunzô, non traduit) |