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LA SECTE DES EGOÏSTES

Eric-Emmanuel SCHMITT

 

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Bibliothèque virtuelle

 

Fiche :

Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeurs : Albin Michel - Livre de poche
Nombre de pages : 201 pages - Livre de Poche
Format 13 cm x 20 cm
ISBN 2226070281


Résumé :

A la bibliothèque nationale, un chercheur découvre la trace d’un inconnu, Gaspard Languenhaert, homme du XVIIIème siècle, qui soutint la philosophie "égoïste". Selon lui, le monde extérieur n’a aucune réalité et la vie n’est qu’un songe. Intrigué, le chercheur part à la découverte d’éventuels documents. Mystérieusement, toutes les pistes tournent cour.

Conspiration ? Malédiction ?

La logique devient folle, cette enquête l’emmène au fond de lui-même, emportant le lecteur avec lui dans des vertiges hallucinants.

Résumé de l'éditeur

 

Extrait :

Qui vous le prouve, docteur Malain, que vous êtes bien ici, et non dans votre fauteuil ou votre lit ? Qui vous garantit, monsieur l’ingénieur Godard, que vous êtes vraiment en train de boire, fumer et plaisanter avec vos amis, et que vous ne rêvez pas, plutôt, que cela vous arrive ? Certes, vous pouvez nous toucher, direz-vous, et vous pincer vous-même, mais dans le théâtre de nos nuits, nous sentons, goûtons, tâtons comme dans le jour, nous croyons prendre de vraies calèches, monter de vrais chevaux, consommer de la vraie viande, embrasser de vraies femmes ; or, il n’ay a là, le matin nous l’apprend, que vapeurs d’imagination. Mais ne peut-on pas rêver qu’on se réveille ? Et se réveille-t-on jamais de la vie ?

Il s’interrompit et sembla se renfermer en lui-même, comme happé par je ne sais quelle pensée douloureuse. Ce n’est qu’à cet instant que je remarquai que le jeune homme, sous ses allures de dandy de province, paraissait fragile, son pâle visage dévoré d’une nervosité maladive. Un pli d’amertume déchirait sa bouche, et ses yeux sombres et étincelants, étroits comme des meurtrières, semblaient ouverts sur des abîmes. (Pages 57/58)

 

Critique/Presse :

C’est un roman qui se dérobe à mesure qu’on le saisit, et qui nous raconte qu’il n’a pas eu lieu, et qui s’échappe et qui déçoit et qui est fait de cette déception même.
Tout le livre de M. Schmitt est un inventaire brillant des infirmités de l’esprit. Rarement on a déployé aussi savamment les sortilèges tout intellectuels de la raison pour en contester les pouvoirs. C’est peut-être ce qui nous retient d’aborder tout à fait au seuil de la déraison. Renaud Matignon Le Figaro

La folie nous est aussi familière que la sagesse, et, si la démarcation était aussi évidente, on ne disputerait pas de philosophie depuis vingt-cinq siècles.
Etincelante fantaisie ? Certainement, mais qu’on oublierait vite si Schmitt n’était pas parvenu à réveiller un vieux doute, une chimère jamais entièrement éteinte en chacun de nous : et si Languenhaert avait raison ? Si l’évidence, comme cela arrive souvent, n’était qu’une tromperie ? Si nous inventions tout, comme Schmitt invente son héros et comme notre lecture lui donne une réalité? Pierre Lepape - Le Monde

La vocation du chercheur étant précisément de chercher, Schmitt et son narrateur mènent leur enquête d’érudits. De livre en livre, de documents réels (signés Diderot) en documents adroitement rédigés dans le style brillant de l’Epoque, nous voilà embarqués dans l’exploration du coin le plus sombre et mystérieux du siècle des lumières. Vertige d’une pensée qui refuse le monde et conduit à la plus solitaire des folies ! Michèle Grazier Télérama

Paradoxes et pastiches, cabrioles et faux-semblants...Le premier roman d’Eric-Emmanuel Schmitt retrouve les ressorts d’incertitude qui ont fait le succès de sa pièce «Le Visiteur».
M.Schmitt, aime manifestement construire des huttes enchantées dans l’arbre du savoir. Son premier roman, «La secte des Egoïstes», propose une variation sur les théories solipsistes en vogue au XVIIIe siècle : l’idée que chacun est l’auteur du monde qu’il perçoit, que ce que l’on prend pour du réel n’est qu’une projection du moi.
Par sa culture joueuse, ses qualités de facture, ses ruses stylistiques, M.Schmitt tend vers un modèle dont il n’est pas indigne : les romans-soties d’Italo Calvino. Marc Lambron - Le Point


Petite remarque perso : Ce roman évoque avec un brio incontestable la philosophie égoïste : celle de la perception du monde qui nous entoure. Et s'il n'était que création de notre esprit, soumis à notre vouloir, à notre désir. Si tout n'existait que par la volonté du "je". Comment savoir que la vie est bien la vie et non le rêve... et si on se réveillait un jour de la vie comme on se réveille le matin d'une nuit de sommeil agitée de péripéties multiples alors que notre corps est resté bien sagement allongé dans un lit. Eric Emmanuel Schmitt nous entraîne dans une bien agréable aventure : celle de la pensée poussée à son paroxisme... aux limites de la folie. Et la fin... la fin m'a de prime abord "laissée sur ma faim" et puis, petit à petit, elle a éclairé tout le livre de sa lumière particulière, ce qui a été, ce qui a existé, ce que l'on a perçu en tant que lecteur, que l'on a cru vrai et qui ne l'était peut-être pas, toutes ces questions imbriquées les unes dans les autres, un peu à la manière d'une poupée russe, une histoire sans fin précisément... sans fin possible. Et s'il y a une fin, est-ce celle que l'auteur a écrite ou bien est-ce celle qu'on a voulu lire...

 

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